Trouvez son chemin.

Tout au long de mon chemin je me suis souvent demandé comment nos aïeul se repérèrent, si vous avez la moindre répondre j’aimerai bien la connaître. Aujourd’hui inutile de savoir lire une carte IGN où connaitre utilisation d'une bousoule... le chemin est devenu un  jeu d’enfant et je suis encore époustouflé par le degré de la qualité du  balisage, 2000 kilomètres sans devoir chercher son chemin, certes il y a bien quelques petits couacs ici et là… mais rien de bien méchant, pour qui est un tantinet vigilant.   

En France: les chemins principaux  de St Jacques de Compostelle sont balisés sur des  chemins de Grande Randonnée reconnaissable  par le célèbre trait blanc et rouge, jalonné en complément de la coquille St Jacques, représenté sur  un carré autocollant où cloué sur un support sur fond bleu en forme de soleil donc les  rayon sont jaunes. Il arrive que le chemin de St Jacques quitte le GR afin de respecter au plus près son tracé historique où éviter un passage délicat sur le GR. IMPORTANT, un GR est balisé dans les deux sens …si vous manquez une bifurcation  soyez très vigilant en revenant sur vos pas … car vous pourriez vous retrouver à votre point de départ, aussi il arrive que des Gr se croisent, soyez très attentif.  Concernant  le balisage jacquaire, celui-ci  est fléché  uniquement  dans le sens de votre marche,  au hasard du chemin certains indiquent le nombre de kilomètres restants jusqu’à Santiago, les variantes… ce qui rend la marche  exaltante.

En Espagne: il faudrait être blond  avec une chaussure noir pour ne pas arrivée sur la Praza do Obradoiro à Santiago ! En Espagne c’est  un fléchage que je qualifierai de folklorique tant il est anarchique ! Elles sont partout : au sol, sur une pierre, un muret, un arbre… un vieux tracteur où  même sur des conteneurs  de poubelles ! Elles se superposent  par 2 voir même par  3 sur le même support, elles jalonneront votre parcours à distance inégale, sauf en Galice où là vous aurez en décompte hectométrique.  Peut-être que  c’est trop… mais j’ai énormément aimé à marcher dans l'insouciance à chercher ma direction.

Si vous  possédez une âme d’aventurier, il est possible de partir sans topo-guide,  je ne devais pas avoir cette âme ! Un conseil, si vous avez un doute rebrousser votre chemin sur quelques centaines de mètres, chose que je me suis refusé à l’approche de St-Romain-le-Puy au cœur du Forez, en croyant retrouver mon bon chemin ! Hélas, sur les chemins secondaires ne parler pas de coquilles, voir du chemin de Compostelle, certains locaux  vous regarderont avec des yeux tout ébahis, alors que d’autres vous interpellerons pour vous remettre sur le bon chemin. Petits florilèges de coquilles sur mon chemin de St Jacques de Compostelle.

Ostabat

Km 1018 sur la voie du Puy. (Départ de Genève)

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Sur le chemin vers Los Arcos en Navarre. 

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Bifurcation à Léon. 

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Du côté de Hospital de la Condesa, elle ne vous quitterons plus jusqu'à Compostelle.

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Traversée de Fromista, canal de Castille

 

 

 Trouver son allure sur le chemin 

 

« Qui veut voyager loin ménage  sa monture » et là ce n’est pas utopique. Très rapidement le marcheur apprend à connaître  ses propres limites, tant physique que mental. Une  réflexion qui à toute sa place dès les premiers pas: Compostelle est-il qu’une simple ligne d’arrivée   où l’essentiel n''est-il pas  cette pérégrination dans son ensemble, là réside toute la philosophie de la démarche à se rendre sur le tombeau de l’apôtre.

 

Sur le chemin on rencontre tout type de marcheurs, l’essentiel est d’être en osmose avec soi même. Mon rythme  n’a été dictée souvent par la stimulation venue de mon environnement, créant une émotion qui peut vous faire marcher d’un bon pas où vous faire vous  traînassez. Malheureusement, il arrive fréquemment que l’anxiété  « d’une nuit à la belle étoile » agit  sur le comportement… et fait retomber dans les  travers de l'homme pressé. L’arrivée sur la Praza do Obradoiro, n’est que la fin d’un magnifique rêve et que où uniquement l'aphotéose  de la conclusion d’un voyage. 

 

A votre  arrivée à Compostelle il n’y a aucun laurier à gagner, si ce n’est des regrets, comme celui  de ne pas avoir accompagné Odile plus longtemps dans son chemin. J’ai rencontré Odile à Maslacq, la sagesse  voulait que je m’arrête  à Arthez-de-Béarn, premier village rue d’une tristesse à remettre un coup de gaz, avec la motivation de passer ce jour là le Gave de Pau. Lorsque je pousse la porte du dortoir, la pièce est dans le noir et une petite voix m’accueil. Odile est là, toute seul dans la pièce et m’explique quelle doit se reposer si bien que j’entreprend mon petit rituel de fin de journée. Dans la soirée Odile, essaye de me parler mais mes 38 kilomètres du jours mon exténué et Morphée me prend dans ces bras. En ce Mercredi, la météo s'annonce orageuse, alors je décide de me lever très tôt, Odile me rejoint lors du petit déj’ et me confie  tout un pan de sa vie, au début tout allait pour le meilleur des mondes et puis la descente au enfer… à causse d’une maladie rare et dévastatrice qui fera éclater sa famille et la conduira en hôpital psychiatrique. Odile à de nombreuses séquelles d’ordre  psychologique et cela la fatigue énormément,  l’oblige à réaliser de très courte étape et d’utiliser également des moyens de transports pour raccourcir la distance entre deux gîtes. En l’embrassant affectueusement ce  14 juin  au petit matin… je ne peux qu’être admiratif devant cette leçon de vie, j’aurai temps aimé lui donner un peu de ma force physique. Nous ne devions pas nous revoir, ainsi va le chemin et quelle surprise le lendemain matin de découvrir dans cette brune qui nous entoure ce matin là  la silhouette d’Odile. Elle m’explique qu’un taxi la conduit en fin de journée à Ostabat-Asme au cœur du pays Basque, je me peux que l’accompagner  un instant… et c’est bien là mon grand regret du chemin ! Pourquoi ne suis-je pas resté ce jour là plus longtemps en sa compagnie ? Il parait… que j’étais pressé d’arrivée à St Jean ! Odile chantait tout en marchant, pour ne pas se sentir seul, après quelques minutes  en sa compagnie,  d’un commun accord j’ai allongé le pas sans me retourner … sous l'air de la chanson de Compostelle "d’ultrëia", cette séquence fût  grand moment émotionnel de mon chemin. 

La chanson d'ultrëia

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Tous les matins nous prenons le chemin,

Tous les matins nous allons plus loin.

Jour après jour, St Jacques nous appelle,

C'est la voix de Compostelle.

Ultreïa ! Ultreïa ! E sus eia Deus adjuva nos !

Chemin de terre et chemin de Foi,

Voie millénaire de l'Europe,

La voie lactée de Charlemagne,

C'est le chemin de tous les jacquets.

Ultreïa ! Ultreïa ! E sus eia Deus adjuva nos !

Et tout là-bas au bout du continent,

Messire Jacques nous attend,

Depuis toujours son sourire fixe,

Le soleil qui meurt au Finistère.

Ultreïa ! Ultreïa ! E sus eia Deus adjuva nos !

A chaque pas, nous devenons des frères

Patron St Jacques, la main dans la main

Chemin de Foi, chemin de lumière

Voie millénaire des pèlerins.

Ultreïa ! Ultreïa ! E sus eia Deus adjuva nos !

Mr St Jacques écoutez notre appel

Des Pyrénées à Compostelle,

Dirigez nous du pied de cet autel,

Ici-bas et jusqu'au Ciel.

Ultreïa ! Ultreïa ! E sus eia Deus adjuva nos !