04 février 2018

Carnet de voyage: Jean pied de Port - Cap Fisterra (Partie 3)

Camino Francés

Jour 45 : 19 juin 2017 à 02:30 (heure locale)

Aurizberri / Espinal (Navarre)

C'est un peu avant midi que j'ai franchi la borne m'indiquant que j'étais en Navarre, 50 m après  la fontaine "Roland". C'est la deuxième fois que je réalise cette ascension et je n'en lasserai jamais, tellement les paysages du pays Basques Français sont de toute beauté... ce matin, une légère brume tapissait le fond de vallée et se dissipait avec le levé de soleil. La première partie jusqu'à Huntto est physique, j'ose imaginer la pensée des pèlerins commençant leur chemin ce matin, après la pente devient plus douce, petite halte au refuge d'Orisson, vient ensuite le passage à la vierge de Biakorri (1095m), A la croix Thibaut, quitter la petite route des pâturages et rejoindre le col de Bentarte (1337 m, fontaine Roland) et le col Lepoeder (1430m). Je suis peu enclin à dormir à Roncevaux, usine à pélerins donc sa capacité peu atteindre 180 places. Ce soir je suis en compagnie de Gérard, rencontré dès le passage sous la Porte d'Espagne, de Laurent rencontré hier au gîte Kaserna et d'un binôme père et fils Italien accompagné d'un ami. En l'espace de quelques kilomètres tous mes doutes et crainte se sont évaporés... se sent déjà que je vais adorer "ce camino Francès".

           

Avant de s'engager, s'assurer que le chemin est bien ouvert (Porte d'Espagne). Table d'orientation au refuge d'Orisson

                                      

Jour 46 : 19 juin 2017 à 18:30 (heure locale)

Trinidad de Arre (Pampona - Navarre)

C'est avec Laurent, le voisin de l'Isère que nous quittons le village-rue de Aurizberri, Laurent à fait la voie du Puy l'an dernier en mode "Bivouac", encore actif, Laurent doit arrivé mi-Juillet à Santiago, cela me semble un peu "express !!!" Hier à peine franchi la Porte d'Espagne, j'ai rencontré Gérard, au loock "baroudeur", un expérimenté des chemins de Compostelle. D'ailleurs, si j'ai continué au delà de Ronsevaux hier c'était bien pour ne pas me priver d'une telle compagnie. Aujourd'hui c'est par un chemin en pente douce que nous quittons les hauteurs de Roncevaux, le premier changement est la signalétique du chemin Espagnol, des panneaux identique aux automobilistes visible à des lieux et cela est rassurant.
A Zubiri, mes premières empiètes et la recherche en vain d'un distributeur trop distant du chemin ! Gérard me rejoint et c'est avec minutie que j'écoute ses conseils, il est de st-Jean-de-Luz et parle l'espagnol... un gars à ne pas lâcher !!!  A Larrosoana, Laurent nous rejoint à ma grande surprise... Je le pensais déjà loin devant, nous décidons de rester ensemble et de rejoindre les Portes de la grande cité de Navarre. Ce soir nous sommes dans une ancienne basilique, lieu d'accueil depuis le XIIIème siècle aujourd'hui ce lieu est lié à des Frères Maristes situé à 5 km de Plampelune. Ce lieux est idyllique, mais malheureusement difficile de savourer pleinement l’instantané, je crains avoir réveillé une vieille fracture de fatigues... ce soir c'est poche de glace et cela n'est pas très bon !

      

Mes Compères de ce début de Camino. Gégé et Lolo ! 

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 Jour 47 : 20 juin 2017 à 09:15 (heure locale)

Pamplona sur mon chemin

Réveil musculaire très difficile ce matin, Laurent est parti très tôt pour Puente la Riena et c'est en compagnie de Gérard que nous nous sommes lancé dans la périphérie très urbanisée de Pampelune, l’enthousiasme, la concentration à surveiller la moindre flèche jaune, amabilité, la bienveillance des Navarrais à notre égard m'à fait oublier mes petits tracas musculaires du matin. C'est par la porte "Francès" que l'on rentre dans la vieille ville, Gérard ne connaissant pas le "Monumento al Encierro" je lui propose de s'y rentre et de là nous nous séparerons, car il préfère prendre son bus de retour ici. Ce monument à gelé un instant la course devant les taureaux, dans une virtuosité audacieuse et un bel équilibre de forces qui laissent percer l'angoisse permanente et le courage. Mon idée, était de passer la journée à Pampelune et de rejoindre Cizur Menor dans les faubourgs de Pampelune, histoire de ralentir un peu et de souffler... mais voilà à la sortir de la ville apparaissent dans le lointain de l'horizon les éoliennes et les silhouettes emblématiques de l'alto del Perdõn représentant le passage des pèlerins depuis le moyen-âge... difficile de résister à la tentation de continuer... chaque pas est une nouvelle découverte.

Monumento al Encierro (Hors chemin 500 m)

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20 juin 2017 à 20:30 (heure locale)

Muruzabal (Navarre)

Près Cizur Menor,(sortie de Plampelune) on monte progressivement à l'alto del Perdon en passant par de magnifique village Guendulain et Zariquiegui offrant de magnifique point de vue sur la plaine de Navarre avec en toile de fond Plampelune et plein ouest les prémisses de la Maseta. 
Une journée beaucoup plus longue que prévu (24 km), je ne pensais pas passer l'alto del Perdõn aujourd'hui. Ce soir je suis à Muruzabal, dans une albergue privée El Jardin avec piscine ! A 2 km de cette petite localité se trouve un petit joyaux, la mystérieuse chapelle Notre-Dame-de-Eunate de forme octogonale entourée d'une double enceinte d'arcade ... Par sagesse ce matin je ne suis appliquer un patch sur le tibia, paquet acheter en secours à Livinhac-le-Haut, je croise les doigts... mon chemin est en sursis. Au grès du chemin une rencontre insolite, un pèlerin avec sa guitare... il va falloir enquêter !
 

             

L'alto del Perdon, l'Homme à la guitard 

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Jour 48: 21 juin 2017 à 18:45 (heure locale)

Estella (Navarre)

Journée festivalière, à peine la mis en route effectué que se présente Abanos et son église St-Salvador et à quelques lieux de là le chemin du Somport venant d'Arles. Quelques kilomètres plus loin se présente de l'une des cités les plus renommées du pèlerinage de Compostelle Puente la Reina, Après une traversée assez rapide de la cité, peut-être trop impatient de découvrir ce qui à fait sa richesse d'hier et sa gloire aujourd'hui le "Puente de los peregrinos". Magnifique pont médiéval à six arches dont des milliers de pèlerins comme moi ont foulé ses vénérables pavés. Mais au risque de vous décevoir... hélas son environnement enlève de sa superbe, attention à bien cadrer la photo ! Mon coup coeur du jour va à Cirauqui, jugé au sommet de la colline avec en toile de fond les montagnes de la Cantabriques entre champs de blés, arbres fruitiers et oliviers. On quitte ce village circulaire de Cirauqui par ses ruelles pavées et son pont romain. J'ai adoré la traversée de Lorca, village-rue où chaque pèlerin à sa façon reprend ses forces pour rejoindre le prochain village.. C'est sous une chaleur de plomb, que je rejoins l'albergue juvenil Oncineda à Estella, Joël un gars de Moselle rencontré hier n'y rejoindra. J'apprendrai plus tard, qu'il fallait s'adressez à l'officina de Turismo pour avoir les horaires d'ouverture de l'église et le tout dans un très bon français ! Ce soir nous partageons le dortoir avec une jeune mère et son fils ados venu des pays des Balkans ... et ses très inquiétantes "ampoules".

         

Cirauqui, traversée de Lorca 

 

Jour 49 : 22 juin 2017 à 19:00 (heure locale)

Viana (Navarre)

Au départ d'Estella le café avait un goût bizarre ... ça c'est ce que raconte les pèlerins passé après 8 heures à "la fontaine à vin d'Irache"... car avant vous m' avez que les "papilles gustatives " pour pleurer ! Cette heureuse initiative... n'a rien "historique" juste publicitaire due au vignoble de Bodegas d'Irache.
Mais très vite, le chemin "console" avec la traversée de Villamayor de Monjardin en très bonne compagnie d'une jeune Coréenne, nous marcherons ainsi durant plusieurs kilomètre avec seul échange.... nos sourires.Ce camino francès me réserve des paysages époustouflants, Un premier isolement de 12 kilomètres au milieu des champs de blés et un chemin serpentant à perte de vu avec en fond d'écran la Sierra de Andia et Cordés. Los Arcos, villages-rue tout droit sortie des film de Sergio Léone et comme à chaque fois sa place est prises d’assauts par des pèlerins assoiffés. A Torres del Rio, malgrés des plante de pieds meurtri je décide de continuer malgré les 28 kilomètres déjà effectué. Et je n'aurai pas à le regretter, car en cours de chemin j'ai fait la connaissance d'un gars de Montpellier, arrivant du camino Aragonés et comme un bonheur arrive jamais seul je retrouve ce soir à Viana mes Italiens père &fils d'Aurizberri. Que les derniers km, le long de la route sous cette fournaise fut interminable et suicidaire afin de rejoindre Viana, ville perché sur sa colline et traversée depuis le moyen-âge par les jacquets du Camino de Santiago.

     

Chemin carastéristique du camino

 

Jour 50 : 23 juin 2017 à 18:15 (heure locale)

Logrono (La Rioja)

C'est par l'imposante église en ruine de Viana que le chemin quitte la Navarre pour entrer dans la Rioja. La Rioja est la plus petite des régions automnes d'Espagne. Se sont Vignes, arbres fruitiers notamment des nèfles petits fruit ressemblant à des abricots qui m'accompagne jusqu'à Logrono. Petite étape aujourd'hui de 14 kilomètres et j'vous rassure tout va bien, à 9 heures je franchisais le pont de Pierre , Puente de Piedra et à 10 heures je prenais possession de mon lit à Hostel-Albergue touristique Entresuenos en plein quartier historique pour un prix modique de 10€ Incroyable !!! Cité riche d'un passé jacquaire, L'église Santa Maria del Palacoi et son clocher de 45 m, l'église San Bartolomé, l'église Santiago el Real et la cathédrale Santa Maria la Redonda. Une journée à flâner, déambuler dans ses ruelles et s'imprégner de ce début de camino.

    

 

Jour 51 : 24 juin 2017 à 18:30 (heure locale)

Santo Domingo de la Calzada (La Rioja)

Journée ULTRAFOND de 52 kilomètres et croyez-moi cela n'était pas programmé. Départ à 5 h 38 ce matin avec les derniers fêtards ! La sortie de Logrono est un peu fastidieuse, heureusement la traversée du parc "pantano de la Grajera" est un petit oasis de verdure et permet d'oublier ses premiers kilomètres. Jusqu’à Navarrête et Ventosa, le chemin est souvent parallèle à la nationale 120 et alterne avec les vignobles de la Rioja, qui se trouve être l'activité principale de la région. La distance déjà parcouru aurait dû faire que je m'arrête à Najera, capitale historique de la Rioja et reconnu pour sa splendeur... mais ça c'était lors des rois de Navarre ! Est-ce l'aspect bidonville à l'entrée de Najera, qui à conditionné mon jugement ? Est-ce le faite d'avoir débarqué en pleine fête locale avec une tradition plus que surprenante, consistant à faire griller des grillades à même les caniveaux, néanmoins il me restera de mon passage sa terre et ses falaises "rougeâtres" un changement radical avec les jours précédents. Après une bonne heure de marche en plein cagnard Azofra village-rue se présente, son petit square et sa fontaine sont les bienvenues. Avec cette interrogation, lorsque l'on passe devant une albergue sur le coup de 13 h30... est-il encore raisonnable de poursuivre son chemin ? Avec toujours cette réponse "absurde" ce qui est pris, n'est plus à prendre". C'est seul, dans l'immensité de ce paysage sans ombre que je repars vers Ciruena, perdu au beau milieu du chemin de Compostelle, un complexe de golf... et toute la dérive qui va avec ... belle voiture et bulles immobilière... vide ! Malgré une lassitude certaine, difficile de ne pas rejoindre le village suivant... et voilà comment sur le chemin de Compostelle les lieux s'enchaînent et finissent en miracle ! Comme à Santo Domingo de la Calzada, une arrivée digne des plus beaux films de westerns spaghetti. Qu'il chemine sur le chemin n'a pas entendu parler "du miracle du coq et de la poule " où du "miracle du Pendu-Dépendu", pour faire court, la cathédrale de Santo Domingo est la seul au monde où on vénère un coq et une poule ! Après cette longue étape marathon, j'ai trouvé refuge à l'abadial Cisterciense la ascuncion, géré par les Sœurs, ce soir je  partage ma table sur une terrasse de resto de Santo Domingo avec deux pèlerines une Italienne et une Belge. Malheureusement, je suis arrivée trop tard pour voir "Madame poule " dans l'église ! 

  

Traversée de Azofra 

 

 

Jour 52 : 25 juin 2017 à 20:15 (heure locale)

Villafranca Montes de Oca ( Castille Léon)

A force de jouer avec le feux....j'ai bien failli me brûler les ailes, La faute à une albergue privée fantôme... heureusement comme sur la via Podiensis les "casa rurale" sont nombreuses, leurs seules différence étant le tarif  de la nuitées. La Rioja, que j'ai délaissé à Granon, ne me laissera pas un souvenir impérissable ! Région manquant indiscutablement de deniers public, à l'image de cette autoroute jamais fini. Très difficile d'ignoré que l'on rentre pour pas moins de 375 kilomètres en Castille-Léon avec des traversées comme Burgos et Léon à venir. De Belorado, je garderai en mémoire mon énorme paquet de chips à la main, pas facile le Dimanche de garnir le garde mangé. Petite inquiètude cette après midi, je crains de nouveau une petite infection dentaire, ce qui m'a obliger à prendre un anti-douleur  et pour clore cette journée les  premières gouttes de pluie sur ce camino Francès.

     

Halte matinale de pélerins, tenuede Coréen sur le chemin,  l'homme à la guitard !

 

Impossible de manquer l'entrée en Castille - Leon 

   

 

Jour 53 : 26 juin 2017 à 20:30 (heure locale)

Cardenuela Riopico (Castille - Léon)

En s'arrêtant hier à Villafranca, je savais qu'aujourd'hui je me devais affronter les montagnes de l'Oca, ces mêmes là tant redoutées par les jacquets du moyens-âges, forêts éparses, où loups et bandits semaient la terreur. 12 kilomètres au cœur d'une magnifique forêt agrémenté de sculptures taillées à la tronçonneuse... histoire de faire ralentir le pèlerin pressé que je suis ! En parlant de terreur, je connais un pèlerin Hollandais qui à dû se faire une belle frayeur ce matin... voulant faire une photo avec son smarphone il s’apercevra l'avoir oublié sur un banc 3 kilomètres en amont. j'vous rassure grâce à radio camino l'histoire c'est bien fini.. Au passage d'un clairière au beau milieu des Monts de l'Oca, le monastère San Juan de l'Ortega et en passant je ne peux avoir que le regret de ne pas avoir fait étape ici. A Atapuerca, rencontre avec un pèlerin originaire de Pau se trouvant en très grande souffrance dù à des chaussures sortie tout droit du package militaire, il est toujours bon de pouvoir de temps à autre que de pouvoir parler la langue de Molière sur le chemin et lui conseiller de se déchausser. Au passage du Puerto de la Pedraja (1200 m), une petite invité... la pluie et surtout des petites rafales de vent, passage rendu délicat sur ses dalles de pierres. Au sommet la ville de Burgos apparaît au lointain, la sagesse m’incite à faire halte à Cardeñuela Riopico un village-rue rendu à l'état d'abandon tout comme Villaval peu avant, village rendu à l'état de ruine. A l'albergue je me retrouve avec Thierry un pèlerin partir de Brest, rencontré il y a 2 ou 3 jours, notre point commun est d' avoir séjourné à Djibouti, territoire de la corne d'Afrique. l Ce soir je me retrouve dans une chambre individuellement à 25€... alors qu'il y avait un dortoir à 10 € ...grosse "arnaque du chemin "... mis sous incompréhension de se comprendre !

Tout support est bon, pour faire arrêter le pèlerin.

Chemin de liberté

 

Jour 54: 27 juin 2017 à 17:30 (heure locale)

Hornillos del Camino (Castille - Léon)

A la fin de ce chemin il y aura certainement de la frustration... de ne pas avoir fait étape à Burgos et pourtant celle là était cochée. En faite tout à commencer hier, avec cette petite pluie peu avant midi et cette arrêt imprévu à Orbaneja alors que j'escomptais bien rejoindre Burgos distant de 15 kilomètres. Mais il y a surtout une infection dentaire, heureusement mon dentiste m'a appris comment me soulager... avec une aiguille !!! HEUREUSEMENT j'ai des  d'antibiotiques pris en secours. La douleur est acceptable et tout le reste ne semble sans intérêt aujourd'hui. En clair ce n'était pas mon jour, temps gris.et jaunâtre un mélange de pollution et également une variante afin d'éviter "cette fameuse zone commerciale " non trouvé et indiqué ? En faite Thierry avec qui je suis reparti ce matin, voulais passer par cette zone commercial, pour trouver une nouvelle paire de godillots. Aux futurs pèlerins, le contour de l'aéroport et la longue traversée de la zone ne mérite pas que l'on en fasse tout un fromage sur les forums de discutions ... seul bémol, bien rester fidèles aux flèches jaunes sinon, j'peux vous en causer !!! C'est par la Porte de la rue Calzadas que nous entrons dans le vieux Burgos, tout en marchant je sens mes pulsations montées et devant cet immense vaisseau gothique tant elle est impressionnante, je ne peux retenir quelques larmes d'émotions dû à la beauté du site, mais également au faite être là à contempler une des plus belles cathédrales d'Europe et cela après plusieurs semaines de marches. Après un bon café, Thierry pars à la recherche de nouvelles chaussures et je décide de reprendre mon chemin, à peine 10 h et aujourd'hui je me sens pas l'âme à jouer au pèlerin-touriste en claquette ! Mais une chose est sûr je reviendrai. La sortie de Burgos, n'est pas marrante... hormis un petit parc, autoroute, voie ferrée mais cela fait partir du chemin. Je ne serez le dire, mais ma seul préoccupation de l'après midi et de mettre le plus de distance ce soir entre moi et Burgos... pourquoi ? Peut-être cette impatience à en découdre avec "ce chemin mythique" qu'est la Maseta, immense plateau de solitude noyé dans des champs de blés à perte d'horizon. Des traversées de villages-rue à donner à chaque fois la chair de poules, Rabé de las Calzadas, Hornilos del Camino où j'ai enfin posé mon sac et pris l’avant dernier lit... une première depuis Roncevaux. En ce mois de Juin 2017, les gîtes ne sont pas complet, est-ce exceptionnel où encore l'intox des forums ?

Une "Entrée"  tant décriée ...

  

Cathédrale de Burgos 

  

Thierry en admiration.

 

 

Jour 55 : 28 juin 2017 à 18:00 (heure locale)

Itero de la Vega (Castille - Léon)

Ce matin c'est sous un ciel très chargé et une bise plein face que je découvre les  longues étendues de la Meseta. Sur le chemin ce matin elles se comptaient par dizaine, voir centaine, je veux parler de ses d'éoliennes que mon regard croise depuis mon entrée en Espagne, avec cette pensée: nous allons encore une fois de plus prendre le train en marche ! 
Chaque village traversée est une petite bouffée de bien être et ils sont attendus comme le messie, Hontanas est un petit village aux maisons de pierres où une pose semble inéluctable, sa ruelle principal pavée est abordé de deux bars... apprécier des pèlerins: Oui mais voilà, leurs tenanciers n'on pas trouver mieux que de mettre sur notre passage de jolies racoleuses qui m'indisposèrent à m'arrêter. 
A chaque jour son lot d'émerveillement, comme c'est ancien monastère en ruine de l'Ordre des Antonins, situé au détour d'un virage à st Anton. A quelques lieux de là se dresse au lointain le château-fort de Castrojerie, ce dernier laisse place à la collégiale de la Virgen, aujourd'hui s'y tenait une exposition en donativo... visité durant une averse ! 
Castrojeriz est le village-rue le plus long du Camino presque 4 kilomètres, dans l'ordre les ruines du couvent Franciscain, l'église Santo Domingo de style renaissance... c'est assez surprenant ! Petit arrêt sur la plaza Mayor, c'est au tour de l'ancienne l'église San Esteban transformé en albergue et en quittant le village se présente l'église San Juan Bautista et son cloître, Castrojeriz aurait compté jusqu’à 7 hôpitaux de pèlerins et garde encore de nos jours cette tradition, il suffit de voir le nombre d'albergue le long de ces 4 km. 
A la sortie de Castrojeriz, un beau effort physique attend le pèlerin, la montée sur l'alto de Motelares, avec un passage à 12% sur mille cents mètres la récompense est au sommet avec une dernière vu sur la province de Burgos et la province de Palencia majestueuses et inquiétante traversée de la Meseta de Mostelares.
A Itero de la Vega, première maison, premier gîte... premier pèlerin à m'arrêter, ma douleur dentaire est tenace et donc ce soir je n'ai plus le choix... je commence mon traitement d'antibiotique c'est que qui pouvais m'arrivée de pire. Mais je continu à faire confiance à ma bonne étoile.

 

San Anton

Castrojeriz

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 l'alto de Motelares

 

Jour 56: 29 juin 2017 à 15:00 (heure locale)

Carrion de Los Condes (Castille - Léon)

Administrativement je suis dans la province de Palencia et ce matin il n'y fait pas chaud ! Au point que le bonnet est de sortie ! 
A Boadilla ce n'est pas ses maisons blanchies à la chaux qui m'interpelle.... mais un pèlerin un peu à l'écart du chemin, tenant un "petit rapace", dans un Français approximatif je comprend qu'il veut l'amener jusqu'au prochain village... je n'aurai pas connaissance de la suite de cette étrange histoire. 
Agréable balade ce matin, le long du canal de Castille, avant de le traversée par une magnifique écluse en cascade à Fromista. Une première partie bucolique, car après le Camino Francès suit fidèlement son tracé original par la nationale 120, heureusement une large bande sécurisé nous protège du peu de véhicule qui y circule. 18 kilomètres en ligne droite interminable et toujours depuis deux jours face à un vent très violent et froid, heureusement entrecoupé par les villages de Poblacion de Campos, Revenga de Campos, Villarmentero de Campos et Carrion de los Condes. 
A Carrion de Los Condés c'est jour de marché,  pas facile de se frayer un passage et surtout de trouver l'entrée de l'albergue paroissiale Santa Maria . Il est à peine 13 hrs et affiche presque complet... car Carrion de los Condés est le terminus pas pour tous ! 
Car commence ici, la plus longue portion du Camino, plus de 4 hrs de marches sans villages, sans ombre et point d'eau ... mais cela me semble t-il n' effraye  l'ami Isérois Laurent, lequel vient de me filer entre les doigts comme une anguille ...info de radio camino "père & fils Italien" que je retrouve ce soir à Santa Maria. En fin d'après midi, grand moment de rencontres entre pèlerins et les sœurs de Santa Maria, malheureusement une fois de plus la barrière de l'anglais ne me permettra pas de savourer pleinement de ces échanges spirituelles entre pèlerins venus des quatre coin du globe.

 

18 kilomètres tout droit

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Jour 57 : 30 juin 2017 à 16:00 (heure locale)

Sahagun (Province de Léon)

Un bon pèlerin averti en vaut deux et ce matin croyez-moi mieux fallait l'être ! Déjà ne pas manquer mon train Italianos " père & fils de l' Adriatique, car se sont des lève tôt... 5 hrs ! Aussi surprenant que cela peut le paraître, c'est bonnet et gants que j'ai retiré du sac et j'ai fait des envieux (une paire de gants en soie, ça mange pas de pain dans un sac !).
En sortant de Carrion de Los Condés, le Camino se confond avec l'ancienne voie Romaine de la Trajana "la fameuse traversée de Paramo" 17 kilomètres rectiligne... 10° ce matin et je me demande comment Laurent à pu s'engager sur cette voie hier en plein cagnard ! Car ici c'est bien connu, il fait chaud la journée et froid la nuit. C'est en pèlerin humble que je suis arrivé à Calzadilla de Cueza, on se sent tout petit et quel bonheur de revoir simplement un toit.... signe de civilisation. jusqu'à Sahagun, le chemin alternera entre N120 et A231 et des villages quasiment désertiques, abandonnées socialement, que l'on laisse dépérir progressivement. 
A Sahagun, je suis dans l'ancien église de la trinité, renommé depuis albergue de Cluny, l'une des plus importante cités Jacquaires, dont la réputation s'étendait dans toute l'Europe.

 

Jour 57 : 1 juillet 2017 à 17:45 (heure locale)

Mansilla de la Mulas (Castille - Léon)

Cette journée devait être la plus chaude dans tous ses sens du terme... elle le sera par sa légende et certainement pas par sa chaleur hélas... encore et toujours ce vent glacial, avec impossibilité de se défaire de son coupe vent.
A partir de Sahagun, le Camino offre deux choix: suivre à N120 jusqu'à Reliegos de las Matas où emprunter l'ancienne voie Romaine de Trajan, avec un village rencontré Calzadilla de los Hermanillos après 2 heures de marche. 
Ce matin, j'ai rencontré le vrai chemin de Compostelle, seul durant 24 kilomètres (j'ai rencontré uniquement que 4 pèlerins) frigorifier par ce vent glacial, alors que j'aurai dû être écrasé par la chaleur ! Des petits pas, l’échine ployée par la lassitude et l’effort rébarbatif, ici dans cette immensités ennuyeuses, un kilomètre à pied n’use pas que les souliers mais aussi le moral. Heureusement, vers le 15ième kilomètres, le chemin à mis sur ma route un couple de pèlerin "Lyonnais", rencontre incroyable, de quoi me rebooster car à cet instant là... cela devenait un vrai chemin de croix vers Saint-Jacques de Compostelle. Cette traversée de la Meseta, est la plus belle chose de ce chemin, étendues assez austères, des immensités de paysage de champs à perte de vue, je ne suis pas prêt d'oublier cette Meseta.
Ce soir j'ai retrouvé "ma horde" de pèlerins, vous l'aurez compris ces mêmes qui pestent depuis plusieurs jours à devoir suivre la nationale, le pèlerin de 2017 n'est pas à une contradiction prête, pas de doute il est bien de son temps....toujours pressé ! 
Un mot sur Mansilla de las Mulas, sept églises, quatre hôtipaux , deux convents, des remparts médiévaux... 

Pas d'hésitation prendre l'alternativo

 

Jour 58 : 2 juillet 2017 à 17:00 (heure locale)

La Virgen del Camino (Castille - Léon)

Ne croyez pas que le Camino est un long fleuve tranquille, depuis Genève il me faut gérer "l'appel du corps " et pas un jour sans qu' un voyant orange me s'allume. Est-ce le faite d'être sous antibiotique qu'aujourd'hui j’essuie un grand coup de mou... avec une première conséquence, l'appel de Morphée.

Décidément les grandes métropoles espagnoles me porterait-elles pas la poise, après Burgos et Léon ce matin. L'approche de Léon est très ennuyeuse et sans intérêt et de surcroît rentrer dans une métropole après une gigantesque méga fête de deux jours déserté de ces occupant à de quoi être déstabilisant. Sur la place de cette magnifique cathédrale gothique Santa Maria de la Régla je retrouve un brin d'activité touristique... autant dire sans grand intérêt avec toute les dérives inutiles dès lors que les poches sont gorgés, euros, de dollars où de yuan chinois. 
La particularité de Léon, aucune albergue ne se trouve dans le périmètre de son centre historique, même mieux certaines sont carrément à l'opposé du chemin  de compostelle ! En ne m'attardant pas, je sais que je crée une grande désillusion futur, mais à l'heure d'aujourd'hui m'a seul obsession est d'arrivée à Santiago et ce "coup mou" n'est pas anodin. 
Si "aven Léon" n'est point agréable que dire de la sortie.... des quartiers tombant en désuétude et une ville-rue de banlieue bien sinistre par ce beau Dimanche de Juillet. Le seul point positif sera alimentaire avec ses commences ouverts et son albergue municipale flambant neuve aux portes d'une zone industrielle... Au grès de nos pas, nous passons du magnifique au très laid, laideur créé par cette modalisation sans âme et cœur.

 

Cathédrale  de Léon

 Etale en donativo

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Jour 59 : 3 juillet 2017 à 19:45 (heure locale)

Hopital de Orbigo (Castille - Léon)

A la sortie de La Virgen del Camino, le Camino offre deux possibilités: Suivre le Camino historique par la N120, la légende dit "on a retrouvé des pèlerins morts de chagrin et c'est tout droit pendant très très très longtemps ", sinon prendre la variante par Oncina, itinéraire plus bucolique.
Cette fois pour ne pas me retrouver seul, j'encourage une Italienne et deux jeunes filles Américaines à me suivre.... à la pharmacie de l' hospital de Orbigo, elles me remercions de ce choix. 
Une nouvelle fois, la journée commence par la traversée du plateau de Paramo et à Villar de Mazarife, de nouveau ces magnifique cigognes reines incontestées du Camino. 
Quelle surprise à mon arrivée à L'hospital de Orbigo, de découvrir ce majestueux pont médiéval, de 200 mètres de long et ses vingts arches . Quel plaisir que de pouvoir encore le franchir de nos jours, ce passage restera certainement un image forte de mon chemin. 
D'antan, Hopital de Orbigo accueillait les lépreux...est-ce pour cela que le barbier local ne voulu pas me tailler ma barbe ! Ce matin de nouveau un voyant orange c'est allumé... la jambe droite à dû mal à suivre la gauche, d'où mon passage à la pharmacie pour l'achat de crème et patch anti- douleur, l'arrêt s'avère intelligent à l'albergue paroissiale Karl Leisner, à l'Hopital de Orbigo.

 

Pont médiéval de L'hospital de Orbigo

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Villar de Mazarife... scène coutumière depuis Léon

Variante par Oncina, plateau de Paramo

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Jour 60 : 4 juillet 2017 à 17:15 (heure locale)

El Ganso  (Castille - Léon)

Ne cherche pas où je suis ce soir...même les cigognes ont désertées le clocher de l'église, dommage mon dortoir est à quelques mètres du clocher !
Démarrage difficile ce matin, ma petite inflammation au niveau du tibia se réveille elle aussi au grès du chemin, alors je marche " à l'écoute de mon corps", expérience acquise tout au long de ces décennies à pratiquer du sport à haut intensité et limite d'overdose... A la question pourquoi ce chemin, je vous livre une première piste ! 
Avec un départ "tortue" , cela m'a permis de  faire deux belles rencontres, comme cette Coréenne désemparé devant une bifurcation de chemins et parlant un très bon Français et adorant la ville Annecy, pour avoir travaillé à Paris. Alors que nous "échangons", cinq gamins nous rattrape suivi de leurs grands-parents âgés de 75 ans, ils sont partis de la Rochelle il y a 3 ans et à raison de deux escapades chaque année compte bien le finir aux vacances de la Toussaint... en présent de leurs parents respectives. La joies, la gaieté, l'entende et leur volontarisme de ces gamins fait plaisir à voir, j'en suis presque ému aux larmes et j'ai envie de leur dire merci...  des choses simples, anodines mais tellement réconfortante. Et dans la série des plaisirs, il y a tout au long du chemin ces accueils "en donavito" proposant fruits, légumes, boisons et même tipi sur le plateau peu avant Artosga . 
A Astorga, que nous traversons en plein marché, j'ai une mission "retrouver" la trace perdu d'Alain l'aventurier en fauteuil roulant de St Jean Pied de Port, mon épouse suit sur son blog tant bien que mal "son chemin de croix" (pas facile de trouver de la connexion). Aux dernières nouvelles il était bloqué ici, j'ai bien retrouvé le gîte où il a séjourné, mais sans autres explications... est-il reparti pour Compostelle où Paris ? Certaines portions ne pouvant être réalisé en fauteuil, cela l'oblige à prendre des lignes de bus quelques fois inexistantes... pourtant annoncé dans les guides ! 
Murias de Rechivaldo est la porte d'entrée du plateau de la Margateria, le pays des Muletiers, le chemin offre ses premières pentes caillouteuses en toile de fond la montagne de la Cruz de Ferro, que j'ai hâte à être demain !

Des chemins de "rêves"

Traversée du marché d'Artosga

Acceuil en donativo

Claude et son ami, il quitteront le Camino le même jour.

*** 

Jour 61 : 5 juillet 2017 à 16:45 (heure locale)

Molinaseca. (La Cruz de Ferro)

Indiscutablement la journée d'aujourd'hui à tenue toute ses promesses. c'est par un petit sentier en terre battue s'élevant tout en douceur. que l'on rejoint Rabanal del Camino (1150 m) lequel doit sa survit à la fraternité Saint-Jacques de Grande-Bretagne qui ont sorti le village de sa torpeur au début des années 90, si bien que de nos jours l'ancien presbytère est devenu un refuge pour pèlerin "sous pavillon Britannique" ... Ses rue pavées du village laisse place à un chemin caillouteux, dès lors le Camino nous donne toute sa plénitude dans un environnement de chênes où parfois il est nécessaire de se frayer un passage au milieu des bruyères. 
A Foncebadon,(1440 m) étrangle sensation en remontant l'artère principale, ses maisons sont quasi effondrées, une fois de plus c'est une grande désolation et comme toujours en pareil situation on retrouve un où deux bars/épiceries avec terrasse... DU SURRÉALISME ! 
La montée en direction du mont Irago est savoureuse entre genêts, bruyères et panorama sur les montagnes de la Margateria et arrive ce moment tant attendu... le sommet à la Cruz de Ferro la "Croix de fer à 1504 m, tout comme "mon Grand Colombier" au dessus du lac du Bourget. C'est l'un des passages mythiques du pèlerinage pour qui " s’intéresse" à son histoire et à sa tradition ! J'ai vu des pèlerins passer tout droit... sans un regard,sans un ralentissement, chacun est libre, chacun conçoit son chemin avec ses inspirations, ses croyances et sa divagation ... ah celle-là à dû me rendre aveugle plus d'une fois. 
Je tenais à perpétué cette tradition, qui consiste à transporter une pierre de "chez soi" et la déposé sur le petit monticule sur lequel repose une vieille croix toute rouillée juchée sur une longue perche de bois. Sur mon "ancien ordi" du boulot j'avais deux coquillages.... ramasser par un beau Samedi d'automne sur une plage de Palavas, Ces coquillages était là pour me rappeler des moments très difficile que mon fils à dû surmonter... c'était devenu mes anti-stresse. En accrochant mon coquillage au mat, j'ai eu beaucoup de mal à retenir mon émotion, car j'imagine que toute ses pierres racontes une histoire personnel "des choses de la vie simplement.". 
J'ai eu beaucoup de mal à repartir de ce lieu mythique, l’émotionnelle n'avait pas encore atteint le paroxysme de cette journée. Une flore, le passage du Collado de las Antenas à 1515 m, ses panoramas et le village-rue d' Acebo sur le versant descendant bordé de vieilles maisons de pierres aux balcons de bois débordant sur le camino, Restait les 18 kilomètres de descente dans la rocaille, afin de rejoindre la plaine du Bierzo et Molinaseca... où avec surprise je retrouve Laurent et Thierry (que je croyais sur mes pas !!!) à l'albergue Santa Maria Magdalena, ayant essuyé du "compléto" dans les gîtes du centre historique... une première depuis Genève pour mon plus grand bonheur.

Le sommet à la Cruz de Ferro la "Croix de fer à 1504 m

Etale donativo

Passage au Manjarin

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Jour 62 : 6 juillet 2017 à 21:30 (heure locale)

Trabadelo

C'est en compagnie de Laurent et Thierry que je reprends mon chemin, les yeux encore éblouis de ma journée d'hier. Une heure de marche et nous voilà à Ponferrada, attablé sur la terrasse d'un café face au château des Templiers, imposant monuments témoin unique de l'architecture militaire du moyen Âge. Sur le chemin il y a autant de "rituel" que de pèlerins, me concernant pas possible de partir sans prendre un petit en-cas, généralement acheté la vieille.... d'autres sautent directement dans leurs godillots et partent à la recherche du moindre bar ouvert et c'est le cas de Laurent... donc ce matin j'ai juste eu le temps d'avaler une demi-pomme que j'ai partagé avec Thierry et encore parce qu'il y avait "bouchon" aux toilettes !
Sur le camino les retrouvailles se font et se défont aussi vite, pour preuve ce matin... peu après Ponferrada notre trio c'est disloqué, Thierry optant pour une cadence un peu élevé, alors que je suis dans l'évidence à géré un débute de périostite, Laurent c'est arrêté... on appelle ça "le cul entre deux chaises"... sur le chemin, un pèlerin parti seul reste un solitaire et mène son chemin comme bon lui semble et personne ne lui en tiendra rigueur. 
Depuis Astorga, la circulation sur le Camino est beaucoup plus dense, se sont des dizaine de groupes, dont certains se composent d'une vingtaine d'unités que nous remontons où récupérons sur le bord du Camino. Se sont tous des jeunes ados Espagnol, venant de finir leur année scolaire et réalisant les 200 derniers kilomètres, afin d’obtenir à Santiago « la Compostela » diplôme attestant avoir fait une partie du chemin, lequel pourra être mentionné sur leur prochain curriculum vitae.
Les puristes (les soi-disant !!!!) Pesteront et moi et moi…. ca me remet de la pêche, ils apporte leurs jeunesses, rires et facétie, avec l’inconvénient de trouver des albergues comme à Villafranca del Bierzo « compléto ! ». C’est donc sous la menace d’un orage que je m’engage dans la vallée de Valcarce, étroite, austère, coincé entre la paroi de la montagne et une autoroute passant 100 mètres au dessus, là où jadis était réclamé un droit de péage aux pèlerins. 
Ce soir j’ai trouvé un toit à Trabadelo, pas simple dans trouver encore un DEBOUT … ils se comptent sur les doigts d’une mains ! Village tout droit sorti du moyen-âge.

Gueule de pèlerin...sous l'orage

Gîte communal de Trabadelo

 

Jour 63 : 7 juillet 2017 à 20:30 (heure locale)

Triacastela (Provence de Galice)

C’est à La Faba l’un des derniers villages de la province de Castille, que l’on attaque la montée hautement symbolique de O Cebreiro perché à 1293 m. Attendu avec impatience…. car depuis le temps que j’en attends parlé et très redouté par d’autres. L’ascension n’est pas très longue mais toutefois assez physique, la pente est raide et humide dans sa première partie en sous bois, c’est une marche de toute beauté, une nouvelle fois en compagnie de genêts, bruyères et de petits villages hors du temps les derniers du chemin, car peut avant O Cebreiro… impossible de manquer la borne indiquant que je rentre dans la dernières région du Camino Francès : La Galice, région prospère. 
Il est dit que O Cebreiro entre dans l’histoire du chemin dès le IX siècle, désolé il ne rentrera pas dans l’histoire de mon chemin… bien sûr ses chaumières où « pallozas » au toit de paille de seigle sont exceptionnelles et magnifiques mais cela ne suffit pas, faut-il encore qu’il y ai une âme ! Malheureusement je crains que le mont Cebreiro ne soit qu’un passage obligatoire sur l’itinéraire du touriste, un très beau village de pierre et surtout pas fait pour la bourse d’un pèlerin ! 
En Galice, je retrouve une signalétique du chemin digne à celui de Navarre, indiquant le décompte des kilomètres jusqu’à Santiago. A la sortie d’O Cebreiro le chemin ne finit pas de montée et descendre jusqu’à l’Alto San Roque, petit col culminant à 1240 m où se trouve une statue géante d’un pèlerin médiéval luttant contre les bourrasques fréquentes dans ces lieux.
De l’Alto San Roque à Triacastela, un large chemin conduit à rejoindre la vallée de l’Oribio, par les villages de Condesa, Fonfria et mon premier « horreos » Galicien, Triacastela n’échappe pas à la règle où soit peu de village-rue, profitant en face de l’albergue un salon de « peluqueria » je tentais une deuxième tentative de me faire tailler ma barbe avec succès cette fois…durant la coupe je dû m’éclisser avec mon tablier, pour vite récupérer mon linge sous l’orage qui venais d'éclater… des petites anecdotes qui donne de la saveur à ce chemin.

Entrée en Galice

En amoureux sur le chemin

« pallozas » à O Cebreiro

    

 

 Jour 64 : 8 juillet 2017 à 20:15 (heure locale)

Ferreiros (Provence de Galice)

Au départ de ce matin, j’avais deux versions : soit prendre par Samos et son monastère une option plus longue de 8 kilomètres… que j’ai eu tors de ne pas prendre! L’idéal aurait été de rejoindre hier soir, le « Monasterio San Julian y Basilissa »…. Mais voilà le chemin se découvre au jour le jour…avec son lot de surprises, de découvertes et de petits regrets ! 
Néanmoins idée où le leitmotiv du jour était de passer la borne des 100 derniers kilomètres, celle-ci se trouvant 13 kilomètres après Sarria. Ville d’Origine Romaine et en faire son inventaire serait trop fastidieux. Sarria est plus « réputé » sur le chemin, pour son point de départ des 100 derniers kilomètres du chemin de Compostelle « au minima » pour obtenir sa « Compostela ». De Sarria, je me rappellerai d’une chose… le quartier de San Lazaro et ses escaliers ! 
Depuis mon entrée en Galice je retrouve des payages  verdoyant presque familier, à s’y méprendre avec « mon Haut-Bugey » ! Mon après midi à été rythmé par le décompte des kilomètres, « sur le Mian mian dodo » le km 100 est indiqué à Brea, au finale il se trouve 500 m après Ferreiros … donc petite dèception ce soir... je suis à 100,500 de Santiago ! Mais sur le chemin, une bonne nouvelle chasse vite une petite déception…. à plus de 18 heures, « mon arrière garde » arrivèrent dans mon albergue « ultra-moderne » de Ferreiros … Thierry, ayant pris le même chemin que moi et Laurent par Samos et son monastère… descendant tout droit des sommets de l’O Cebreiro… fous ses jacquets des temps modernes. !

  

Premier Grenier à Maïs et Alberge à Ferreiros, perdu dans la pampa Galicien à 1000 m d'altitude

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Jour 65 : 9 juillet 2017 à 16:15 (heure locale)

Palas de Rei (Provence de Galice)

Le passage aux 100 derniers kilomètres aura fait « pitch » malheureusement depuis hier… certains préfèrent « emporter une partie du chemin » ...en souvenir et les belles bornes de Galices, sont « dépouillés » de leurs kilométrages. Je m’attendais à plus de solennité, voir une borne « marquant le coup » Que dalle ! 
Suite à la mise en eau du barrage de Portomarin en 1962, le village à dû être remonté pierres par pierres notamment l’église fortifié de San Nicolas, mais le faite marquant de cette traversée de Portomarin à été cette déferlante, voir ce tsunami, des groupes de pèlerins jaillissant de tout côté convergeant tous vers Santiago. Depuis Astorga, j’avais échappé à cette concentration de jeunes Espagnoles, pour beaucoup étudiants Madrilènes. Mais cela n’est pas pour me déplaire, des hordes de pèlerins arrêtées ici et là, des bars plein à craquer… EFFECTIVEMENT je plains les « puristes » !!! 
En résumer ce matin, il fallait mieux avoir un « un bon pas » et ne pas trop « musarder » en chemin est assurer le repos dominical à Palas de Rei. Balade, empiète à la « Tiendra » pour demain matin et resto avec Laurent et Thierry ce soir… nos jours sont dorénavant comptés !
 

Passage à Portomarin

                           

 

Jour 66 : 10 juillet 2017 à 17:30 (heure locale)

Urzua (Provence de Galice)

Le chemin de Compostelle est faite de rencontres, celle avec Laurent en est une belle. Nous nous sommes rencontrés la première fois à St Jean-Pied-de-Port, puis nous nous sommes retrouvés à Aurizberri/Espinal et à Trinidad de Arre mes deux premiers jours en Espagne et après chacun s’en est allé sur son propre chemin, le destin à fait de nous retrouver à Molinaseca, avec Thierry, parti de Brest. Avec Laurent, nous avons réalisé toute l’étape en binôme… et comme si l’on devait se libérer d’un poids, des portes de intimes se sont ouvetes, les blessures de la vie, un échange sincère et spirituellement profond que seul ce chemin de Compostelle peut nous offrir. 
Cela fait déjà plusieurs jours que ce chemin m’échappe, l’impression est indescriptible un mélange de nostalgies, de mélancolies s’empare de moi, à 24 heures de mon "graal" la peur m’habite, la peur de la fin….et en même temps mon chez moi me manque un peu… plus de deux mois de marche c’est long, la lassitude , la répétition des journées vous gagne, vous lasse un peu plus chaque jour, mais je sais que ce chemin va me manquer, d’ailleurs il me manque déjà ! 
Ce soir je suis à Arzua… avec Laurent & Thierry, avec cette question en suspend ? Demain serai-je Santiago distant de 39 kilomètres ?

Forêt  eucalyptus Galicien

 Tampon de cire à Melide

 

Jour 67: 11 juillet 2017 à 15:45 (heure locale)

Santiago - Intra-muros

En prenant mes bâtons de pèlerin, lesquels sans eux je ne serai pas là… tant qu’ils n’ont été des propulseurs dans certaines montées et permis d’économiser cette l’énergie indispensable , je ne peux une fois de plus « rejouer » ce match ! Combien de fois ai-je imaginé suite à des lectures cette dernière étape me menant à Santiago. 
Comme toujours Laurent, part à la recherche d’un café dans Arzua et Thierry, ferme la marche… leur point de chute est  Monte do Gozo, il veulent voir ce gigantesque complexe à pèlerin, pour moi ma décisions est prise ce soir je serai à Santiago, nombreux sont les pèlerins s’arrêtant à Monte do Gozo, la colline de Montjoie, là où se trouve actuellement une stèle rappelant la venue du pape Jean-Paul II en 1989. On attendait 300.000 jeunes venus des quatre coins de l'Europe, à pied, en auto-stop, certains même à cheval... Ils furent un demi million, auquel Jean-Paul II a dit son espérance de voir naître un renouveau catholique en Europe, grâce à eux, je ne souviens de ces images, de ces foules… et si moi aussi j'étais venu ici... à l'insu de mon plein grès, chercher "une paix intérieure" 
Mon passage au Monte do Gozo, aura été très bref, certainement dû à l’impatience de découvrir enfin, le cœur historique d’une ville-sanctuaire renommée dans toute la chrétienté et cette dernière colline permet pour la première fois d’apercevoir les tours de la cathédrale de Santiago et de réaliser les dernières photos du Camino Francès avec un groupe de vététiste Français, admiratif de mon chemin. 
En descendant sur Santiago je me suis applaudi une façon de saluer la réussite de cette marche au long court et de remercier « cette providence qui m’a conduit jusque là » Certains relayaient l’approche à la plaza del Obradoiro comme un enfer, une l’apocalypse, pour ma part rien de cela. C’est même par de drôles de statues que Santiago nous accueil… la remontée vers la cathédrale se fait par la rua de San Lazard, via Rua do Valinobien bien dans l’air de notre société moderne… mais le pèlerin que je suis savait qu’un jour le plancher des vaches rappellerait son ouailles ! 
Et cette longue approche en direction du tombeau de l’apôtre Jacques le Majeur est interrompue par la traditionnelle photo souvenir devant le panneau de Santiago "en mode selfi", la prise de cette photo, je vais vite l’oublier et garder uniquement la joie quelle transmet…. En d’autres circonstances j’aurai souhaité « BUEN CAMINO » à ces deux vététistes, mimant ne pas me comprendre et que dire de cette pèlerine…. Apeuré, effrayé, terrifié par le grand méchant loup que je suis devenu après 67 jours de marche,  mille huit cents neuf kilomètres et une barbe ! En une fraction de seconde, mon chemin de la tolérance, du respectueux, de l’humaniste vient de se fracasser sur les huit lettres de Santiago., bienvenu dans le nouveau monde ! 
J’ai pris mon quartier à l’Hostal-Albergue turistico à Santiago de Compostela, rua Dos Concheiros, situé sur le camino. Le centre historique se trouve à 15 minutes et c’est en pèlerin « propre » que je part à la rencontre de saint-Jacques. 

      

 

Jour 68 : 11 juillet 2017 à 21:30 (heure locale)

Santiago, La plaza Del Obradoiro

Sur le chemin il est dit « c’est ton chemin qui fait Compostelle » et non l’arrivée à Compostelle ! 
Aussi bizarre que cela peut paraître, j’ai quitté mon albergue avec une certaine peur « au bide »… il me restait à peine 15 minutes de marche pour « toucher mon graal » et là soudainement une drôle de peur n’envahit pourquoi ? Ne pas être en osmose avec ce lieu chargé de spiritualité et d’histoire, moi qui suis parti juste pour marcher, marcher et encore marcher…. Et refaire mon monde ! 
En remontant la rue de San Pedro, (pas moins de trois albergues), je me sens plus léger,… normal me direz-vous, je marche sans mon sac ! Tout au long du chemin ma crainte à été de rencontrer ce « petit grain de sable » qui sans ménagement vous renvoie à la maison, alors lorsque je passe sous la Puerta del Carmen, la Porte de France, je sens mon rythme cardiaque s’accéléré, mes derniers pas me conduisent sur l’immense place de l’Obradoiro que l’on accède par un grand escalier voûté descendant sous la Palacoi Gelmirez, l'ancien palais épiscopal et là s’ouvre à vos yeux l’immense place… et l'imposante façade baroque de la cathédrale de Saint-Jacques de Compostelle, 1832 kilomètres à pied, 68 jours de marche pour voir … un ECHAFAUDAGE ! Moi qui croyais être submergé par une très grande émotion se transforme par un grand éclat de rire, une façon de relativiser cette petite déconvenue. 
Comme de nombreux pèlerins aux regards hagards, je m’assis à même les pavés mon ressenti est étrange, pas d’euphorie, pas de tristesse, je me demande ce que je fais là et maintenant je fais quoi !!!

Reprendre mon bâton de pèlerin, il me reste à aller chercher ma "coquille"  au « bout de la terre » … à Fisterra, après promis je rentre... à pied depuis Lyon à la descente du bus. 

 

 Jour 69 : 12 juillet 2017 à 20:00 (heure locale)

Vilaserio (Camino de Festerra) 

Ce soir je suis à Vilaserio, sur la camino de Fisterra, là où au moyen âge les jacquets prolongeaient leur pérégrination jusqu’à l’océan, afin de brûler leurs vêtements et les jeter à la mer. Symbolisant l’abandon de « l’ancienne peau » et purifier le corps et l’esprit pour un nouveau départ. 
C’est vers 10 heures que j’ai retrouvé mon chemin…. Retrouvé car l’imprévu, voir le stress c’est invité sur ce chemin…. Depuis plusieurs semaines les compagnies de bus de la région de Galice sont en conflits sociaux et pratiquent des grèves tournantes… semant une certaine confusion générale… Heureusement grâce à un pèlerin Belge, pour la traduction je suis arrivée à obtenir un billet de bus pour Lundi, via San sébastien/Lyon, par la compagnie Elsa, car hier à la gare routière à deux pas de mon albergue il y avait pas de bus…. Dur retour à la réalité, d’autant que je ne sais pas si il y aura un bus pour mon retour de Fisterra ! 
En tout cas, j’ai retrouvé mon chemin, des paysages verdoyants, un pont médiéval à Maceira de toute beauté et prendre la décision à Negreira de poursuivre. Une fois de plus saugrenues idées, une fin de journée interminable… Ne pensez pas que ce matin j’ai fait une grâce matinée, dès huit heures… j’étais à l’officine pélègrinos, rua das Carretas pour récupérer ma « compostella »,   pas de file d'attente, décidement rien ne se passe comme on à bien voulu me le faire croire ! 

 

Jour 70: 13 juillet 2017 à 16:15 (heure locale)

Cée... sur la Ria de Corcubion

Le pèlerin français compare souvent la Galice à la Bretagne, j’en avais déjà eu un aperçu hier et je confirme. Après 100 m de marche, j’ai retrouvé ma « senior » Haute- Savoyarde rencontré à Hospital de Orbigo et à Arzua, ça démarche sur ce chemin me déplait, elle réalise de très longue étape… mais dans le même temps ne se refuse pas de prendre un bus pour traverser Burgos par exemple où voir même « faire du stop » Est-ce pour cela que l’ami Saint-Jacques est en colère aujourd’hui…. et lui à infligé une bonne gastro !!!
Dans ce crachin matinal, dès l’absence où l’inattention envers le balisage celle-ci prend de suite un aspect angoissant, mais très vite réconforté par un père et son fils… binôme très très nombreux sur le chemin de Compostelle.
La star du jour, c’est incontestablement les « fameux horréo de Galice », attention ce n’est pas une friandise ! Ces greniers à maïs où de séchage quelconque se trouvent répartis dans toute la province de Galice, avant Santiago, mais là depuis se matin… ils y en a à foison, ils sont de formes rectangulaire en bois, en pierre, avec une toiture à deux pans et reposent sur des piliers de pierres avec cette particularité, surmontés d’une pierre plate débordant… si bien que nos chères petits rongeurs des champs doivent faire preuve dans certain sens acrobatique !
Après une pausse-arrêt semi forcé,  à l’abri du vent à alberge-auberge à Hospital à 400m d’altitude c’est le cœur serré que j’entame ma dernière après midi de marche sur ce camino de Saint jacques de Compostelle et aujourd’hui je ne peux retenir mes larmes, contenir toute ma tristesse de devoir le quitté…. ce qui restera à tout jamais mon plus beau vécu de toute ma vie…. hors familiale. 
La descente et l’arrivée sur Cée, restera un des moment fort du chemin, cette fin d’étape est « magistrale » entouré  de montagnes, de forêts d’eucalyptus toujours bien présentes, un panorama sur l’infini de l’océan, Cée et Corcubion, sont deux petites villes offrant un cliché de rêve… l’émotion est à son combe quand mon fils me demande par texto de lui « rapporter » un coquillage pour à son tour le déposé qui sait…. un jour à la croix de Ferro. 
Après une bonne douche et lessive, je pars visité ces deux charmantes citées balnéaires et faire mes petites courses du soir et de demain…après 71 jours, mon rituel à du plomb dans l’aile !!!

 

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Dernière tortillas et la fin d'une belle histoire.

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Jour 71: 14 juillet 2017 à 21:30 (heure locale)

Cabo de Fisterra: KM 0.000

Je vous adresse ce dernier billet depuis Santiago que j’ai regagné cette après midi en bus, ce long voyage  s’est achevé au cap Fisterra, après 71 jours et 1925 kilomètres et de surcroît un 14 juillet... promis pas fait exprès ! 
Je suis heureux d’avoir dû tenir  au quotidien ce carnet de voyage et de l'avoir partagé avec vous tous. Ce matin j’ai préparé mon sac, mes chaussures, mes bâtons comme d’habitude… et je suis parti comme d’habitude à la recherche de mon chemin ! Une dernière remise sur « cap » par un riverain de Sardinerio de Abaixo, et une longue approche par la plage de Langosteira, une dernière rencontre avec trois Français 
réalisant le tronçon Santiago-Fisterra pour finir  cette marche au long court. 

Fisterra est un petit Port de pêche, ressemblant à ceux que l’on peut rencontré sur nos côtes, Fisterra est un vrai village avec tous ses commerces et  son port de pêche, reste une fois son centre traversée à parcourir  les 3 derniers kilomètres de mon chemin afin de  rejoindre la pointe la plus occidentale de l’Espagne. Et arrive ...le dernier kilomètre, les derniers hectomètres et l’approche de la borne indiquant le point ZERO du chemin, comme aus césars on aimerai remercier tout le monde... prendre dans mes bras ce chemin, fait  de tolérance et de bienveillance et n’offrant un dernier « bonus » ! Un concerto offret par l’homme à la guitare retrouver à 1500 m du cap Finisterre…  ce chemin est magique ! Une joie intérieure m’habite, un sentiment d’un certain accomplissement me saisi, assis sur mon rocher mon regard plonge dans l’infini de l’océan, ma pensée va à mon épouse qui ma encouragé et soutenue dans ce projet de vie … j’espère que nos chemins futurs nous reconduiront à ce bout de terre …pour un magnifique coucher de soleil * et maintenant je peux fierement arborer ma coquille Saint-Jacques et rentrer en homme nouveau à la maison. 

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Jour 72 : 15 juillet 2017 à 22:00 (heure locale)

Santiago... J+1

Quitter le chemin, en revenant sur ses propres pas (jusqu'à Fisterra) vous assigne durement que votre chemin est bien fini et là d’un seul coup vous vous dite « je ne suis plus pèlerin »  le chemin est en vous, il vous a tellement donné que vous n’avez pas envie de le quitter… alors il reste ce dernier acte du pèlerinage vénérer Saint Jacques lors de la traditionnelle messe célèbrer dans la cathédrale de Santiago, ses quatre traverses sont combes, à part « je vous salut Marie » et « notre père » mes pensées se perdent dans cette immense Cathédrale qui à vu le début de sa construction en l’an 1075. Le pèlerin que je suis et là  pour voir « valser » l’encensoir Botafumeiro au dessus de nos têtes…. en signe de purification spirituelle et "chasser" les mauvaises odeurs... chéri je sens de nouveau bon ...j'peux rentrer ! 
En baladant dans le centre historique, le chemin défile au grès des  retrouvailles à commencé par le vendeur de journaux Italiens, rencontré avec père & fils, la petite bande du Couvent de Vaylat, Fabien le pèlerin à la liberté totale et René mon Hollandais ! René je l’ai rencontré pour la première fois le 16 mai à la sortie d’une boulangerie, nous avons plusieurs fois partagé les mêmes gîtes et nous nous sommes perdues lors de l’étape du convent des filles de Jésus à Vaylats le 1er Juin ; Seul ce chemin peut vous donnez de telles émotions, une main sur une épaule et vous vous retournez et là devant vous… un grand gaillard Hollandais, pour qui vous avez souvent pensé, de peur qu’il lui soit arrivé « ce fameux grain de sable » et que vous retrouvez en pleine forme. 
" Mon René " à suivi le chemin du Nord « le del norte », il étais écrit que nous devoins nous revoir. Et puis tous ces visages croisés, accompagner par le célébrissime cri du chemin  « buen camino ». 

Au dessus de l’office Pérègrino, à lieu chaque jour une rencontre entres pèlerins, proposé par les hospitaliers de l’accueil francophone, une sorte de débriefing, d'échange, je vous le conseille. Suivi par une visite commenté des extérieures de la cathédrale "l’histoire de l’Apôtre Saint-Jacques à nos jours." Tout au long de la journée, j'assiste à l’arrivée de groupe se congratulent, s’enlaçant au centre de cette gigantesque place et profite  de déguster enfin ma première coquille St-Jacques !

Au grès de ma journée

  

   

Des retrouvailles "René " et Fabien

***

Jour 73: 16 juillet 2017 à 19:45 (heure locale)

Santiago, J+2

Goobye mon chemin… déjà  tu me manques !
Tes départs à l’aube, 
Tes levés de soleil à l’horizon… 
Tes départ « en catimini » pour ne pas réveiller toute la chambrée.
Tes premières retrouvailles lors des premières heures de marche.
Tes prises d’assauts des comptoirs… aux premiers bars ouverts.
Tes coquilles, les flèches jaunes… peintes sur des poubelles à roulettes !!!
Et le silence du chemin… car OUI même en 2017, il est possible de marcher SEUL sur le camino Francès. 
Tchao… à toi et à très bientôt, il n’en est pas possible autrement.

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